2008 fut une superbe année pour mes débuts en photographie. Sous le regard bienveillant de Dame Chance, j’ai eu le plaisir de découvrir un site fabuleux où se côtoient sangliers, lapins, chevreuils, faisans, écureuils roux……….
Mais c’est sous l’aile protectrice de Malchance, sa soeur, que commence cette année 2009.
Vous vous souvenez certainement de mon précédent article sur mes déboires lors de ma billebaude tant attendue sous la neige.
Et bien, figurez-vous que mes affûts sont du même ordre.
Tenez, prenons par exemple celui de dimanche matin.
Mon but est une clairière au cœur de la forêt, où lors de mes billebaudes passées, j’ai souvent croisé chevreuils et sangliers. Je ne peux y accéder qu’après 1h45 de marche. D’abord par de larges allées, puis via un petit sentier qui est rarement utilisé par les promeneurs ( mais encore trop à mon goût ). Enfin, je quitte celui-ci à l’apparition de mon repère ( un arbre mort ), et je chemine à travers arbres et futaies. Au bout d’une centaine de mètres, loin de tout, et surtout de tous, une large clairière, tapissée de fougères rousses se dévoile à mon regard.
Je me dirige directement vers l’endroit que j’ai préalablement repéré, et j’installe rapidement mon filet de camouflage.
Sur ma gauche, la vaste étendue rousse.
Devant moi, une coulée qui longe les arbres et qui vient à ma rencontre.
Derrière et sur ma droite, la forêt avec ses nombreux taillis.
Il est encore tôt, le soleil, à peine levé, a du mal à percer à travers les nuages. Je profite de ces instants de solitude et j’écoute avec attention les chants des oiseaux, observant l’éveil de la nature.
Un bruit se fait rapidement entendre et c’est une harde de sangliers qui ouvre le bal. L’individu de tête stoppe sa course, se met aux aguets, pendant que le reste du groupe continu sa cavalcade. Je dénombre une dizaine d’individus, dont plusieurs jeunes de petite taille. Ils disparaissent rapidement de ma vue, et sont rejoints par le premier.
A peine le temps de réaliser ce qui vient de se produire qu’un nouveau bruit se fait entendre. Cette fois c’est un animal seul.
Chevreuil ou sanglier ?
Apres une courte recherche, je découvre une flèche rousse se coulant entre les arbres, sautant par-dessus les troncs couchés. Maître goupil se dirige droit sur moi. Mais je suis vite repérée et il repart, tout aussi fluide, dans la direction inverse.
Et le silence retombe en douceur sur les arbres, me laissant dans l’attente.
Cette quiétude est de nouveau rompue. D’abord par ma harde de sangliers qui repasse une seconde fois, mais dans le sens inverse, puis, quelques dizaine de minutes plus tard, par deux superbes chevreuils, dont un brocard.
Alors, me direz-vous, où se trouve donc la malchance, lorsqu’en restant assise par terre, autant d’animaux se montrent à moi en moins de 45 minutes ?
Tout simplement dans le fait que toutes ces scènes se sont déroulées …. dans mon dos !!!!!
Mon matériel étant orienté vers la clairière, il m’aurait été difficile de le déplacer sans faire de bruits. De plus, le résultat n’aurait sans doute pas été idéal vu le manque de visibilité à travers la végétation.
Mais, au bout de trois heures d’attente, un brocard se montre enfin au bout de la coulée, entouré par les fougères rousses, éclairé par un rayon de soleil bienvenue. Ca y est, ma patience est enfin récompensée. Je colle mon œil au viseur, je fais la map et ……. Il prend la fuite !!!!!!
Non, ce n’est pas vrai, quelle poisse !!!!!!
Et c’est un promeneur qui fait son apparition, les bras dans le dos, marchant tranquillement sur 15 cm de feuilles mortes. Il passe à coté de moi, et nous échangeons un regard : lui interrogateur, moi ……….. assassin.
Dégoutée, je plis bagage et rentre chez moi, sans photo, avec un bon rhume
Mais je crois que mon plus bel affût loupé est celui que j’ai réalisé il y a quinze jours.
Même forêt, horaire tout aussi matinal, mais autre site se trouvant à moins de 300 mètres de l’entrée du domaine. La vue est dégagée, idéale pour une observation. Lors de mes précédents passages j’ai pu remarquer de nombreuses traces d’activités de sangliers et, à plusieurs reprises, j’ai croisé des chevreuils. Là aussi, j’ai préalablement déterminé l’endroit où installer mon affût : bien orienté, facile d’accès, loin des chemins principaux et des rencontres fortuites avec des êtres humains. Je m’y dirige aussi sûrement que rapidement.
Je pose mon sac à dos à terre, l’apn encore enfermé à l’intérieur, je déplie mon filet de camouflage. C’est à cet instant que surgit un sanglier. J’ai du mal à croire à ce que je vois : il passe tranquillement, à découvert, à 4 mètres à peine de moi !!!!!!!!! Je suis sure qu’il m’a vu, mais ma présence ne semble absolument pas le déranger.
Afin d’éviter bruits et mouvements trop brusques pouvant provoquer la fuite du sujet, je décide de ne pas sortir mon appareil, de préférer l’observation. Et c’est ce que j’ai eu le plaisir de faire pendant quelques minutes avant de le voir disparaître dans les taillis.
Décidément cet affût commence bien et c’est avec l’assurance de pouvoir faire de superbes photos que je termine mon installation …… sous la pluie. Ca, ce n’était pas prévu par météo France !
Je protège mon apn contre cette ondée passagère et j’attends …..
1h00 ……..
1h30 ……..
2h00 ……..
3h00 ……..quand un bruit sur ma gauche me fait enfin sursauter.
Je regarde en limitant au maximum mes mouvements, m’apprêtant à voir un chevreuil, et c’est un …………………………. être humain qui m’apparaît.
Il ne m’a pas repéré et se dirige à l’opposé de ma position. Il va entièrement traverser mon site d’observation. Ce n’est pas grave, il me suffira d’attendre un long moment pour que son passage n’ait plus d’influence sur les futurs mouvements d’animaux. Je patiente, et c’est avec stupéfaction que je le vois revenir par le même trajet transportant une buche sur son épaule. Arrivé à quelques mètres de moi, il la laisse tomber à terre dans un bruit fracassant, puis repart ….. pour en rechercher une seconde, puis une troisième …..
Un voleur de bois, je n’y crois pas ! De par ces passages répétés il « saccage « mon site d’observation. Pas la peine de rester.
Je me relève et commence à plier mon filet de camouflage. C’est à son quatrième retour, au moment de jeter au sol son nouveau butin, que notre quidam me remarque enfin. Il laisse tout tomber et …. Prends la fuite !
Ce jour là aussi, je suis rentrée chez moi sans photo, mais encore accompagnée d’un rhume !
Maintenant, je suis persuadée que vous me comprenez quand je vous dis que la malchance me poursuit.
Mais patience, patience ……………………..
……………………… il ne reste plus que 47 semaines avant de voir 2009 s’achever !