tendresse pour les villages des pêcheurs, venant d' un monde aquatique, je quitte le village de brique rouge pour la chaux blanche de Cadaqués, la soi-disant Saint-Tropez de la Costa-Brava. Soi-disant puisque les deux villages n' ont rien, mais alors rien n' avoir l' un avec l' autre! je viens chargé d' a-priori résultant de mes séjour précédents en Catalogne. En plus, ville de coeur de Dali et Gala...
on se gare, on se dirige vers le port, l' entrée n' a rien de particulier, les maisons sont diverses et peu intéressantes, il y a des touristes, peu cela dit; je découvre une vue étroite et sans cachet d' une petite place ( place Marcel Duchamp ? ) et d' une petite plage de sable noir. On prend un café au Meliton et on se dirige vers la place des oliviers, je découvre la casa blaua, d' un assemblage curieux, des maisons de style presque californien et un entrelacs de facades blanches. On remonte la rive sur un chemin étroit de basalte ( ? ), un petit train vert et rouge nous dépasse, je me retourne. Voilà 45 mn à peu près que je suis dans le village et soudain à la vue des bâteaux stagnant au rivage, la vue de l' autre rive du village où se trouve la Església de Santa Maria dominant des maisons blanchies à la chaux et l' avancé du cap, je ressens enfin mon premier bonheur espagnol, un bonheur proche de la tendresse que j' ai pour les gens qui savent conserver l' illusion du paysage, la lumière de leur quotidien, la nature en héritage, Cadaqués la Blanche pénètre doucement et s' ancre en moi comme un désespoir de fin de journée, je suis bien...j' ai enfin quelque chose à voir, cela me nourrit et consistant je repars, mais je me retourne sans arrêt pour ressentir ce profond bruissement de la beauté simple bercée par la mer et les bâteaux de pêche aux large de Nôtre Mer. Ce chemin me mène vers un rideau de succulentes géantes, vers une crique avec une avancée discrète comme le second bras ce village auquel je me laisse aller, je deviens peu à peu une nature, une architecture, une voile...arrivée au bout du petit port, je refait mon chemin, le soleil se couche lentement, je m' arrête encore quelques instants, je regarde les gens calmes aux terrasses et à leurs balcons attendre la tombée d' un oeillet oranger sur cette oeillet blanc, Cadaqués! Je désire me baigner pour ce baptême en Catalogne mais les roches escarpées me font peur. Il y a une sirène qui attend baignée de soleil, un homme dans une barque que tire un autre homme en nageant sur le dos, il y a des amoureux assis sur les bancs d' une allées de lauriers. Je deviens sourd à moi-même, à mon sens critique exarcerbé et autoritaire, je deviens sourd au paroles catalanes, aux enfants souvent difficiles en vacances, je n' ai plus que d'yeux pour cette lenteur proche du battement des nageoires de certains poissons aux yeux exhorbitants; je suis dans une bulle blanche et merveilleusement je m' envole vers l' air sain où ma respiration se déploie pour replonger dans l' eau battant du rivage, et ainsi de suite, je respire l' air du large une dernière fois avant de partir, il me semble alors que le paradis ne saurait durer toujours, mais qu' il est possible d' y revenir, je me promet cette promesse: revenir avec ma moitié revivre cette insouciance à ses côtés...ainsi je continue de respirer, enfin, enfin,
CATALUNYA!