Moi, Gaspard.
Banlieue, cité HLM d’une petite ville de province. Banlieue, un chapiteau de cirque au milieu d’une cité HLM d’une petite ville de province. Banlieue, un chapiteau de cirque, des travées de bois au milieu d’une cité HLM. Banlieue, des écrans de télévision au centre de la piste du chapiteau. Banlieue, des acteurs qui s’agitent, pauvres Gaspards, des écrans de télévision allumés devant des travées de bois. Banlieue, les spectateurs crient, se lèvent, parlent, agissent sur les écrans de télévision et sur les travées de bois, sous un chapiteau de cirque. Banlieue, Gaspard, là, l’impossibilité, le langage, moi sur les travées de bois dur. Banlieue, les spectateurs, là, sur les travées et sur les écrans, réfléchis à l’infini, qui agissent, moi immobile sur les travées de bois dur. Les Gaspards, là, sous la lumière, qui réfléchissent les spectateurs à la fois sur les écrans et sur les travées de bois. La lumière qui dessine, qui décide et moi immobile sur les travées de bois dur, Gaspard, spectateur, acteur. Je suis là, ou non. Gaspard c’est moi alors, avec tout le langage à inventer, la lumière à inventer mais je suis clouée aux travées de bois dur.