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des poèmes, des trucs en chantier, des brouillons, de l'ancien, du nouveau, des mélanges avec d'autres poèmes de moi ou d'autres

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December 21, 2008

Silence

J'attends

le silence

qui suivra

toutes les paroles tombées de mes lèvres



Je l'aime déjà,

ce silence



j'essaie d'en déterminer

le goût

l'odeur

tous les contours



En l'attendant,

je parle

pour ne rien dire.

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December 6, 2008

lettres de voyages : densité

La densité de mon corps ne trouvait pas de forme plus parfaite qu'en ta présence. Comment dire ? Partout, les limites se trouvaient dans la contrainte, la souffrance, ce heurt si subtil des entrechoquements de nos langages humains.

Le désir, dans tous ses bouillonnements tumultueux, dans toutes ses tentacules cérébrales s'infusait pour me laisser entière, ronde, pleine jusqu'à l'écoeurement du débordement.

J'étais cette machine suante, gargouillante, le coeur au bord des lèvres, les mots balbutiants, les gestes mal assurés, sentant chaque pore de ma peau, chaque organe se mettre en route comme affolés de cette activité soudaine. Malgré la gêne de me sentir si peu séduisante, l'agitation spirituelle autant que sensuelle qui s'emparait de moi me donnait à mesurer la vie qui battait en moi.

Je tirais de cet envahissement de mon être une jouissance proche du sentiment de liberté, comme si toutes les chaînes extérieures étaient rompues. J'éprouvais aussi une inquiétude qui n'était pas uniquement due à l'anticipation de la fin de cet état. Mon désordre intérieur s'arrangeait toujours pour que l'abandon ne soit pas total.

Published at 20:18 ( 14 comments / 103 visits )
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November 23, 2008

quoi dire, quoi écrire ?

Mon souffle se tord au fer des entrailles des autres

j'y perds la courbe de mes hanches

Je ne sais si

les années ont creusé leurs sillons

ou si la lassitude

se fait blessure.

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November 15, 2008

un samedi soir morne et sans intérêt

Si ça s'ouvre

c'est le signe

que ça saigne

que ça coule

que ça coule

en lampées



si ça cogne

c'est le signe

que ça enfonce

que ça gagne

que ça gagne

en densité

Si ça vibre

c'est le signe

que j'attends

que j'attends

sans espérer



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November 7, 2008

Snap, crackle, pop

Let me be changed

into

whatever

you hope



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November 3rd, 2008

Je tourne autour

mon orgueil

ma bêtise

mon manque de courage

mon manque de foi

ma suffisance

mes vanités

mes félures

mes manques

ma transparence

mon manque de corps

mon corps obscur

mon égocentrisme

ma colère noire



et je cherche des claques dans la gueule au lieu de

ce truc-là, vous savez

qui fait qu'on s'oublie et qu'on n'a même pas conscience

Ce que je peux être con



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October 22, 2008

Pause indéterminée

Je remercie sincèrement tous ceux qui m'ont accompagnée sur ce blog, qui ont pris la peine de lire et de me donner leur avis.

J'ai aimé aussi découvrir vos écrits et suivre vos cheminements.

Je ferme à présent ce qui n'a toujours constitué qu'une parenthèse pour laquelle je n'ai plus ni le temps ni l'envie. Finis mes postillons vains à l'encre...

Je tiens encore une fois à remercier ceux qui m'ont donné envie d'essayer encore une fois et qui m'ont encouragée, Pinède, Charp, Lio D, Pascal Blondiau, Mélina, Martine, Béatrice, Armando et aussi Franzi (même s'il ne va sans doute pas aimer faire partie de cette liste :-), désolée si j'en oublie.



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September 13, 2008

Après les mille temps qu’ils me prenaient

Après les mille temps qu’ils me prenaient

Ma main avait un goût d’ailleurs

Et la couleur du vernis écaillé

Courait partout comme une folle

Les lignes aux creux de la paume

Ne s’accordaient plus aux plis du cou

Et la pupille de mon œil gauche

Cherchait des raisons qui n’existaient pas

Après les mille temps qu’ils me prenaient

Le sang ne savait plus le rythme à prendre

Et courait comme courent les rivières

Sans même le front têtu se jetant à la mer.

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July 14, 2008

Luciole-Dom

Luciole-Dom

Mais dans combien d’errances t’ai-je suivie Dom, j’ai épousé l’ombre de cette nuit si terrible, je crois. De bar en bar, de bière en bière, de regard en regard, j’étais là témoin d’un dérèglement encore plus fou que le mien qui devait m’apporter la paix sans doute. Je faisais corps avec toutes tes histoires, j’observais les jalousies des amitiés fortes qui se succédaient et la valse des garçons toujours beaux, toujours maladroits, toujours enfants qui essayaient de faire quelques pas avec toi. Oh si souvent Dom, j’étais la troisième personne celle dont la présence rassure et permet l’équilibre fragile de ces relations de hasard. Et sans cesse nous rejouions nos blessures et nous en rions avec des rires à faire peur. Notre rire a marqué à jamais la place à la statue ailée, les Martyrs aussi connaissent nos éclats de voix. Comme si cela ne suffisait pas, nous passions de longues heures au téléphone à repasser les moments encore chauds d’alcool et d’abandon à peine arrivées chez nous. Mon oreille bourdonnait, la tienne aussi sans doute ?

Tu me parlais de mon pouvoir, tu me disais que j’avais l’air continuellement de m’excuser d’exister alors que l’on sentait une force hors du commun. Mais toujours le corps s’effaçait face à la présence de l’autre, j’aimais tant l’écran de ta chair diffuse et tes regards mystère, je pouvais encore me laisser dériver parce que c’était comme si je n’existais pas en effet.

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July 7, 2008

Lettres de voyage : l'ombre de Personne en Dom.

L’ombre de Personne en Dom

Au commencement pourtant, à mon entrée dans cet appartement, c’était la fulgurance de Dom. Son visage, sa voix, les mots de sa langue, semblait tout droit sortis de mon imagination pour inventer une suite à mon voyage à Lisbonne. Nous nous sommes jetées dans cette amitié comme seules peuvent se jeter deux personnes connaissant le prix du vide. Je t’ai perdue, plus tard, bien sûr, Dom, nous ne partagions plus le même gouffre. Mais comme il est bon ce moment où deux personnes se reconnaissent dans les signes de leurs enthousiasmes ! Nous partagions des chicorées dans la cuisine, nous montions sous les toits, je serrais dans ma main ce recueil de Pessoa et te demandais de lire la musique des mots en portugais. Je notais sur un petit carnet ceux que j’aimais particulièrement.

J’aimais aussi te sentir si extérieure, toute tournée vers l’effervescence des sorties, soirées, bars, moi qui faisais déjà corps avec cette nouvelle chambre, qui commençait à prendre son odeur. Plus tard, si vite, trop vite, l’entrée sombre, les murs glacés de marbre, l’escalier de pierre. Tu es partie. Nous avons continué notre chemin d’amitié et je sais moi, que c’est Pessoa qui avait tissé ce fil invisible, que jamais nous n’avions scellé notre amitié par la reconnaissance du malheur. Mais toi, tu l’as cru, et c’est pour cela sans doute que nous nous sommes perdues.

Published at 22:19 ( 9 comments / 120 visits )
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July 2nd, 2008

Oeuf enchaîné

oeuf enchainé
oeuf enchainé

Courbe noire

se noit

dans la douceur

de la pierre friable

 

oh mon amour

ton empreinte noire

dans mon corps calcaire

et cette fumée qui ne dure

que le temps d'une pollution

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July 1st, 2008

lettres de voyage : techno music

Les "lettres de voyages" que je poste ici ne se suivent pas, je choisis dans le désordre... Et je me rend compte aussi qu'il y a un peu de boulot à fournir et cela grâce au fait de les poster ici. Je tiens encore à remercier ceux qui viennent me lire !

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June 26, 2008

Lettres de voyage : seule

Seule

Je me disais seule et je ne connaissais rien de la solitude. Je m’étais évidemment heurtée aux nuits d’angoisse, aux téléphones qui sonnent dans le vide, aux portes closes. Je savais ces heures qui ont l’air de jours, ces impatiences que ne pouvaient combler les livres. Mais le jour suivant, ou le lendemain, ou même le jour d’après, il se trouvait toujours un ami, une amie à qui parler, avec qui échanger un peu plus que des conversations météorologiques.

Il y avait là des constances qui étaient mes vraies repères, plus que les horaires des petits boulots enchaînés, plus que mon rythme intérieur qui n’avait aucune digue. Le temps s’organisait autour de rendez-vous avec Dom, de cafés avec Fred, de repas avec telle amie.

Je calquais mes humeurs à ces repères extérieurs, j’absorbais tout ce qui traînait à ma portée de sensations, d’ondes positives ou négatives.

Je laissais aller mon corps de méduse au gré des courants amicaux. Parfois je pouvais sentir des limites qui même désagréables, avaient l’avantage de me donner un petit avant goût de mes contours. Ainsi s’est modelée mon amitié avec Fred, chacun cherchant, puisant à l’autre les limites que nous ne savions toucher.

 

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June 20, 2008

Le rien de nous

 

C'est tout le vacarme de mon oreille

qui sait ce que le rien de nous

veut pousser les parois

prendre la place

s'étaler

et laisser venir à lui

les germes de nos coeurs

et ceux des herbes à côté aussi

Published at 21:23 ( 13 comments / 165 visits )
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June 16, 2008

Les mains d'argent

Les ciseaux affûtés de ses mains

découpent dans le papier

les contours de sa réalité

 

Les ombres chinoises

à faire peur

les peaux d'émotion

toutes les variétés de sourires

 

La joie d'en sculpter des beautés

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June 14, 2008

légèreté

Je lui parlerai de légèreté et sa main se fera légère malgré lui et il ne pourra plus m’envoyer à la figure le premier objet à sa portée. Ou alors, le premier objet à sa portée sera son âme, qu’il me jettera à la figure comme on lance un os à un chien. Mais ce jet-douceur

                                                                                                          il

                                                                                                             ne

                                                                                                                 l'aura

                                                                                                                         pas

                                                                                                                               prévu

                                                                                   

Il aura mal de cette légèreté-là et cette nouvelle souffrance lui tordra les entrailles. Elle donnera une densité à son corps qu’il n’avait jamais senti. Il se sentira. Il aura peur de la pesanteur de chacun de ses gestes, il aura peur des déplacements d’air que son corps provoquera et qu’il n’avait jamais remarqué. Et plus profond encore. Et plus loin et plus déchiré. Le fourmillement intense des plus intimes de ses cellules.

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June 2nd, 2008

lettres de voyages : 99 roses rouges, retraite anticipée

99 roses rouges, retraite anticipée

Un matin au réveil, la cuisine à la toile cirée bleue, aux murs jaunes de crasse avait fleuri rouge. Des roses partout, d’abord dans deux seaux posés grossièrement à même le sol, puis dans des vases de fortune, verres, bocaux, dispersés ça et là. 99 roses rouges offertes par un jeune homme qui avait fait 1500 kilomètres dans une petite voiture cabossée. La belle jeune fille blonde allemande avait gardé les roses mais refusé l’amour du jeune homme. Les roses se sont dispersés au fil de la journée, chaque occupant se servant au passage pour égayer les chambres dont les fleurs des tapisseries étaient depuis longtemps fanées. Elles sont restées belles longtemps, les roses de la déconvenue, plus longtemps que la pensée de la jeune fille pour son soupirant. Je revois son sourire gêné qu’éclairaient les roses, ce sourire qui s’adressait à son petit ami.

Mon soupirant ne m’a pas offert de roses. Tous les deux ans, j’entendais sa voix au téléphone, j’étais surprise, il me retrouvait malgré mes déménagements. Je lui disais que nous n’avions rien en commun et il me disait qu’il avait changé. Et je repensais à ce soir de notre rencontre où nous avions parlé beaucoup et où je l’avais laissé me caresser la nuque sur le trajet du retour. Je cédais pour une dernière rencontre, en souvenir des souvenirs. Pendant le repas, je me souviens surtout qu’il m’a parlé de ma future retraite et du fait que j’étais inconsciente de ne pas y penser. Il m’a dit aussi qu’il fêtait son anniversaire ce soir-là. Il avait trente ans. Je me suis cherchée une contenance pour masquer un mélange d’irritation et de pitié. Le claquement de la portière de sa voiture après un dernier murmure marquant la fin du rendez-vous de la dernière chance, je l’entend encore. C’était le même son que celui que j’émettais moi, implorant la moindre goutte d’amour, de regard, d’attention de ta part.

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May 26, 2008

lettres de voyage : moi, Gaspard.

Moi, Gaspard.

Banlieue, cité HLM d’une petite ville de province. Banlieue, un chapiteau de cirque au milieu d’une cité HLM d’une petite ville de province. Banlieue, un chapiteau de cirque, des travées de bois au milieu d’une cité HLM. Banlieue, des écrans de télévision au centre de la piste du chapiteau. Banlieue, des acteurs qui s’agitent, pauvres Gaspards, des écrans de télévision allumés devant des travées de bois. Banlieue, les spectateurs crient, se lèvent, parlent, agissent sur les écrans de télévision et sur les travées de bois, sous un chapiteau de cirque. Banlieue, Gaspard, là, l’impossibilité, le langage, moi sur les travées de bois dur. Banlieue, les spectateurs, là, sur les travées et sur les écrans, réfléchis à l’infini, qui agissent, moi immobile sur les travées de bois dur. Les Gaspards, là, sous la lumière, qui réfléchissent les spectateurs à la fois sur les écrans et sur les travées de bois. La lumière qui dessine, qui décide et moi immobile sur les travées de bois dur, Gaspard, spectateur, acteur. Je suis là, ou non. Gaspard c’est moi alors, avec tout le langage à inventer, la lumière à inventer mais je suis clouée aux travées de bois dur.

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