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July 1st, 2008

Le Reflet du Royaume 3

Le miroir s'éclaire. Une femme semble sortir de derrière, belle et souriante.

LA FEE : Bonjour mon roi. Je te sens énervé ce soir.

SURIEN : Est-ce vrai ?

LA FEE : Quoi donc ?

SURIEN : Toi qui vois tout, tu devrais savoir !

LA FEE : oh ! Si tu le prends comme ça, je m'en vais.

SURIEN : Non, reste. Je m'excuse.

La fée lui prend les mains.

LA FEE : Mon doux roi... Demande-moi et je te montrerai dans le reflet de mes yeux tout ce que tu veux savoir.

SURIEN : Est-ce vrai ?

LA FEE : Ce qu'a dit ta mère ? Tu sais, elle ne m'aime pas beaucoup.

SURIEN : Réponds-moi s'il te plait ! Mon royaume va-t-il si mal que ça ?

LA FEE : Oui, c'est vrai. Les larmes et le sang coulent aux portes de la ville. Les gens te cherchent, te perdent et te haïssent. Il y en a même qui rient de toi. Un tas de bouffons te singent dans leurs spectacles. Ils sont malheureux, ils ont peur et ils ont mal, ils te croient la cause de tous leurs maux. Tes ministres ne font rien pour arranger la chose. ils te roulent dans la boue devant les seigneurs, tes rivaux.

SURIEN : Mais pourquoi ne me l'as tu pas dit ?

LA FEE : Tu ne me l'as jamais demandé.

SURIEN : Ce n'est pas une réponse ! Tous les gens qui me faisaient confiance sont déçus et me tournent le dos. Je suis incapable de gouverner, je n'ai jamais su. Et toi... et toi qui le savais et ne me disais rien ! Pourquoi ? Pourquoi ?

LA FEE : Tu sais, je ne mens jamais, mais je ne réponds qu'aux questions qu'on me pose. J'ai bien essayé de te mettre en garde plusieurs fois, mais tu ne m'as pas écoutée, tu n'en as fait qu'à ta tête.

SURIEN : Mais je suis roi ! Tu dois tout me dire, tu dois m'obéir ! Je pourrais te détruire si je le désirais. Méfie-toi !

LA FEE : Ose seulement lever la main sur moi ! C'est bien encore une idée de ta mère ! Si tu veux vraiment tout savoir sans avoir à me demander, épouse-moi ! Fais-moi reine ! Ne t'inquiète pas, je te laisserai vivre ta vie pendant que je gouvernerai. Je te demanderai juste de me faire un enfant, qui à son tour deviendra roi.

SURIEN : Une fois que tu m'auras tué ! Ah ! Que je suis faible ! Mère avait raison, tu n'es qu'une sorcière. Tu te joues de moi pour arriver au pouvoir. Jamais ! Jamais tu entends !

LA FEE : Parce que tu crois être capable de te servir de ton pouvoir sans moi ? Regarde dans mes yeux avorton de roi !

SURIEN : Je ne te permets pas !

LA FEE : Regarde !

... à suivre...

Le Reflet du Royaume, Ludovic B. ed Le Manuscrit 2002

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July 3rd, 2008

Le Reflet du Royaume 4

Le roi prend le visage de la fée dans ses mains et regarde dans ses grands yeux brillants.

SURIEN : Mon Dieu ! Ces hommes.. Tous ces hommes armés de noir ! Ce sang, cette misère... La terre se fissure, les récoltes meurent, mes gens sont affamés. Cette armée obscure avance vers moi... Oui, ça y est, je sens sa présence et son souffle glacé ! Mais qu'est-ce que c'est ? Que me veulent-ils ?

LA FEE : Ce sont les ténèbres. Elles avancent, détruisent et pervertissent. Elles sont juste là, tout près de toi ! Elles veulent ta place.

SURIEN : Arrête ! N'essaie pas de me faire peur !

LA FEE : C'est la vérité.

SURIEN : Que dois-je faire ?

LA FEE : Agir en tant que roi et faire ce qui est le mieux pour ton royaume.

SURIEN : Je ne sais pas ! Pourquoi ne suis-je pas comme tous les hommes ?

LA FEE : La question ne se pose pas.

SURIEN : Pourquoi ?

LA FEE : Parce-que tu es roi.

SURIEN : Très bien, ils veulent un roi, ils vont en avoir un ! Combien d'hommes fidèles me restent-ils ? Où sont mes ministres et mes généraux ? Où sont mes armes ?

Le roi va dans tous les sens.

LA FEE : Il est peut-être un peu tard ce soir pour partir en campagne ? Tu pourrais attendre demain mon doux roi. Je t'aiderai. Tu deviendras un bon roi, aimé et adoré. Pense à ce que je t'ai dit.

Surien lui prend la main.

SURIEN : Que vais-je devenir ?

LA FEE : Tout dépend de toi.

SURIEN : Aaaah ! Arrête ces sornettes ! Pendant tout ce temps passé, tu ne m'as montré que douceur de vivre et maintenant tu me montres l'apocalypse ! Laisse-moi, je suis fatigué ! Laisse-moi et retourne dans ton miroir déformé !

La fée se dirige vers le miroir.

LA FEE : N'est déformée que la vision de celui qui regarde le reflet. Bonne nuit Majesté.

La fée disparaît derrière le miroir.

SURIEN : Qu'est-ce qu'elles ont toutes ce soir ?

Le roi reste assis sur son trône, abatti. Une petite voix le tire de ses pensées : c'est la servante qui vient d'entrer avec dans ses mains un plateau et une coupe.

IRINA : Majesté ?

SURIEN : Oui ? Ah ! C'est vous Irina.

IRINA : Oui, je vous apporte de quoi vous calmer. Depuis tout à l'heure, on vous entend crier dans tous les couloirs du palais. Vous me semblez renversé.

SURIEN : Merci Irina. Le mot est bien faible. Je viens d'ouvrir les yeux et je n'ai qu'une seule envie, les refermer. Montrez-moi ce remède. Il n'a pas trop mauvais goût j'espère.

IRINA : Non, il est à base de plantes. J'en prends aussi lorsque je suis trop énervée.

Surien prend la coupe et boit le breuvage.

SURIEN : Axel est-il toujours à son poste ?

IRINA : Oui, il ne le quitterait pour rien au monde?

SURIEN : Toutes les portes sont-elles fermées ? Les issues gardées ?

IRINA : Je pense Majesté. Mais sans doute qu'Axel vous le dirait mieux que moi.

SURIEN : D'où vient ce courant d'air ?

IRINA : Je ne sens rien.

SURIEN : Où est Axel ?

IRINA : A son poste Majesté.

SURIEN : Vous pouvez disposer ma chère Irina. En sortant dites-lui de venir.

IRINA : A qui ?

SURIEN : A Axel voyons !

IRINA : Bien majesté.

SURIEN : Et surtout ne me dites pas bonne nuit !

Irina se dirige vers la porte.

IRINA : Bien Majesté. Bonne...

Surien la coupe.

SURIEN : Non !

IRINA : Le coeur y est !

... à suivre...

Le Reflet du Royaume, Ludovic B. ed Le Manuscrit 2002

 

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July 8, 2008

Le Reflet du Royaume 5

Elle sort en riant. Un court instant après, le garde entre, souriant. Il se met au garde à vous.

AXEL : Majesté, vous m'avez demandé ?

Surien se lève et lui fait signe d'approcher.

SURIEN : Approche !

Le garde regarde de partout, l'air inquiet.

SURIEN : Nous sommes seuls, approche je t'ai dit.

AXEL : Bien Majesté.

SURIEN : Arrête avec tes majestés ! Je te dis que nous sommes seuls !

Le garde approche enfin. Les deux jeunes hommes restent immobiles à se regarder.

AXEL : Ton regard est triste, Surien.

SURIEN : Triste est un bien faible mot... Et moi un bien faible roi. Tu le savais ?

Le garde baisse les yeux. Le roi le prend par le bras.

SURIEN : Pourquoi Axel ?

Axel n'ose regarder le roi dans les yeux.

AXEL : Je ne sais pas. J'ai fait ce que j'ai pu mai mon pouvoir est faible en ce monde et je ne pouvais pas te dire.

SURIEN : Pourquoi ?

AXEL : Tu es roi. Je pensai que...

SURIEN : Aide-moi !

Surien prend maintenant Axel dans ses bras.

AXEL : Je ferai tout ce que je peux. Je t'ai donné mon corps, je suis prêt à te donner mes forces et ma vie. Je resterai à tes côtés, quoiqu'il arrive. Je suis ton gardien, celui de tes portes et de tes rêves, celui de ton corps et de ta vie. La garde royale t'es encore fidèle, il te reste à convaincre les autres pour lever une armée que tu mèneras à la victoire.

SURIEN : Tu es gentil Axel. Je crois que tu as raison, je suis roi, moi seul peux sauver le royaume. Pas ce soir. Les issues sont-elles bien gardées ?

AXEL : Oui.

SURIEN : D'où vient ce froid qui m'envahit ?

AXEL : Je ne sens rien, ce doit être la fatigue.

SURIEN : Tu as sans doute raison. Il se fait tard, viens.

Les deux hommes sortent de la pièce.

... à Suivre...

Le Reflet du Royaume , Ludovic B. ed Le Manuscrit 2002

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July 11, 2008

Le Reflet du Royaume 6

La nuit est tombée, noire et profonde. Au bout d'un long moment, la reine entre, entourée d'un halo de lumière. Elle tient une chandelle qu'elle pose près du trône devant lequel elle s'agenouille. Elle pleure en caressant le bois des accoudoirs. Un bruit derrière elle la fait sursauter. Irina est derrière elle. Elle se redresse en s'essuyant les yeux.

LA REINE : Ah, c'est toi Irina.

Irina fait une courte révérence.

IRINA: Je m'excuse Majesté, j'ai entendu du bruit et ...

LA REINE : Ca fait longtemps que tu m'observes ?

IRINA : Un instant ma Reine. Vous regrettez ?

LA REINE : Qui ça ?

IRINA : Votre époux.

LA REINE : C'était un homme si fier, si juste et bon. Il régnait avec sagesse, il était respecté. Mais la guerre me l'a enlevé.

Elle se dirige vers le miroir qu'elle regarde avec dureté.

IRINA : Vous l'aimez ?

LA REINE : Qui ça ?

IRINA : Votre fils.

LA REINE : Je n'ai plus que lui. Il est si fragile. Il est tellement différent de ce que j'aurais voulu qu'il soit. Il est tellement différent de ce que devrait être un roi. Mais oui, je l'aime comme une mère doit aimer son fils, c'est à dire tel qu'il est.

IRINA : Dites-le-lui, il a tellement besoin d'être aimé.

LA REINE : Je ne peux pas.

IRINA : Pourquoi ?

LA REINE : Je suis Reine avant tout et lui est roi.

IRINA : Oh ! Vous les Rois vous êtes tous d'un compliqué ! Vous vous créer des barrières alors que tout peut être si simple.

LA REINE : Tu sais Irina, nous sommes une image que tout le monde doit admirer. Nous ne devons pas montrer nos faiblesse. Mais nous souffrons, nous aussi. Mon fils souffre de ne pas se croire à sa place, je souffre de le voir ainsi et de ne pouvoir l'aider. Je ne peux approuver ouvertement certains de ses comportements et parfois, je regrette d'être si distante et si dure. Mais je suis la Reine Mère; ce qui dit bien Reine avant que Mère. Moi aussi j'aurais voulu être insouciante quelques fois, vivre normalement mais...

Surien sort de l'ombre de la pièce.

SURIEN : Merci Mère.... Voilà des paroles que j'avais tellement envie d'entendre.

IRINA : Aaaaaah !!!!!!

LA REINE : Tu étais là ?

Irina s'évente, bouleversée.

IRINA : Majesté ? ! Vous m'avez fait une de ces peurs !

Le roi avance et reste debout, à une certaine distance de sa mère.

... à Suivre ...

Ludovic B. Le Reflet du Royaume ed Le Manuscrit 2002

 

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