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June 2nd, 2008

L'Homme Cyber

Allo ?
Ola ! J'entends ta voix enregistrée
Elle me parle de moi.
Mes yeux en panne sont remplacés
Par une voix synthétisée
Qui me parle de toi.

Je suis un homme cyber,
Je vis ma vie sur un écran.
Les sentiments sont propulsés
Par satellites de transmission.
Ton corps virtuel m'a transpercé
De son désir aseptisé.

Allo ?
Ola ! J'entends ta voix toute déformée
Je n'entends rien de moi.
Mon coeur en panne est remplacé
Par une pile survoltée
Qui me rappelle toi.

Je suis un homme cyber,
Je me promène sur Internet
Tressant des câbles pour m'exploser
Dans un orgasme informatique.
Mon corps de prince siliconné
S'offre au monde technologique.

Allo ?
Ola ! J'entends ta voix toute à l'envers
Je ne comprends rien de moi/
Mon cerveau dans un langage binaire,
Se reprogramme à l'Univers
Qui me guide vers toi.

Je suis un homme cyber
Qui capte tout le monde
Par des fils, des câbles et ondes.
Faire l'amour sur un clavier
Sans prendre le temps d'aimer
Le corps à l'autre bout branché.

Allo ?
Ola ! Ta voix s'est arrêtée
Je suis de nouveau moi.
Mon corps cyber s'est déchiré
Me laissant nu et esseulé
Devant le souvenir de toi.

J'étais un homme cyber
Dépressif et solitaire.
Je cherche maintenant le contact
Du bout de mes doigts apeurés
Sur ta peau douce donnée
Aux sentiments enfin avoués.

Ludovic B. " Rupture" ed.Bellier

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June 14, 2008

Le Squelette

Un squelette vêtu d'un manteau de lumière
Court, les os cliquetant d'une étrange manière.
Excité, tremblotant, le tas d'os ambulant
Cherche son physique désespérément.
Le pauvre crâne vide de toute matière
A perdu la mémoire, ce qui l'exaspère.
C'est enfin qu'il le trouve devant lui gisant
Son amas de chairs molles à l'aspect dégoûtant.
Il regarde étonné, les deux yeux en cratères
Et repart libéré, le laissant loin derrière

Ludovic B " Rupture " ed Bellier 2000

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June 15, 2008

Vampires

 

Créatures immortelles
Démoniaques et cruelles,
Lèvres teintées de sang
Colorent ton corps si blanc
D’une beauté gothique,
Aspect cadavérique.
 
Ô vampire !
Créature de nuit
Qui aspire nos vies,
Les ailes suspendues
Aux temps qui ne sont plus.
Toi vampire.
 
Viens alors m’embrasser,
Donne-moi ce baiser
Dans le cou excitant.
Colle ton corps si blanc
A la chaleur du mien
Qui dans ta bouche vient.
 
Ô vampire !
Créature d’esprit
Qui aspire l’envie,
Les ailes retenues
Par ton espoir qui n’est plus.

Toi vampire !
Goûte ma lame...

 

Ludovic B, "Lames"

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June 22, 2008

C'est la vie

 

C’EST LA VIE
 
 
 
L’autre soir, ma femme et moi partagions nos avis sur la vie. Je lui demandai : « Sylvie, as-tu vu passer ta vie ? » Désolée, elle me répondit qu’elle ne vit point sa vie passer. Etonné, je pensais que Sylvie ne vit sa vie parce qu’elle ne vit pas, ou pas comme il faudrait à mon avis. J’insistais en lui demandant : « Tu ne vis point ta vie passer mais tu vis aujourd’hui ? » Cette question fût suivie d’un long silence… C’est alors qu’une réponse m’apparût comme une fatalité. Sylvie ne vit pas car elle attend sa vie d’ange. Mais c’est un peu prendre une voie de garage car la vie c’est ici et tout de suite. S’il faut attendre sa vie d’ange pour vivre alors la vie perd, glisse entre nos mains, bouche nos yeux et on ne vit plus.
Moi, ma vie je la vis passer et je la vis encore pleinement. La vie est merveilleuse comme une belle femme même si quelque fois elle asservit et lasse. La vie serre mes entrailles et me donne envie de continuer, d’avancer. La vie est comme cette jeune femme à la robe fleurie qui passe devant moi, comme cette nature enivrante, comme une eau de vie parfumée qui me convie à la fête et à l’amour. Oui, la vie est amour. Amour physique, le sexe est un pot qui relie deux envies. Le vit a envi de ces femmes aux envies de vits. Mais ce pont, le vit, ne fais pas l’amour. L’amour c’est la vie et la vie est une corne d’abondance pleine de vivres. Nourritures physiques, spirituelles, c’est un étonnement perpétuel. Il faut savoir profiter des bonnes choses de la vie et ne pas attendre.
Mais c’est vrai que quelques fois la vie se fait moins drôle. La dernière fois, j’allais chez le médecin. Par politesse, il me demanda des nouvelles de ma femme. Je lui dis alors :  « Ne m’en parlez pas, elle ne vit pas. » Le médecin désolé me présenta ses condoléances et je lui répondit : « Vous faites erreur docteur, Sylvie vit, mais elle ne vit pas sa vie passer. » Il me demanda quels étaient ses maux, de les lui décrire et de lui conseiller de consulter. Je lui dis que ses mots étaient ceux que je venais de lui dire, texto ! Que je pouvais lui les écrire s’il voulait. Un silence s’en suivit. Il n’avait pas l’air de comprendre. Il me demanda alors ce qui m’amenait. Je lui dis que j’étais mal et que je voulais avoir l’avis d’un médecin. Il m’a répondu qu’il aurait fallu que je fasse des études. Je le regardais étonné et lui dit : « Ecoutez docteur, c’est bien parce que je n’ai pas fais d’étude que j’aimerais avoir l’avis d’un médecin. » Il haussa les épaules et me dit de me déshabiller. Après m’avoir ausculté, il me dit : ce sont des virus. Je n’aurais jamais cru que ça remontait d’aussi loin. J’étais jeune lorsque je mis pour la dernière fois les pieds en Russie. Je me souviens toutes ces belles poupées qui tombaient pour le bel occidental. Pour elles, j’étais un peu le mystère de l’Ouest. Mon désir tambourinait dans mes veines comme dans une symphonie pour tous ces corps russes. Je ne savais pas qu’il deviendrait requiem ! J’étais pourtant prudent docteur, j’aimais des seins qui prenaient la pilule pour ne pas donner la vie. Pour moi c’était le vit Da ! La vie Niet, trop chère, trop de magouilles gouvernementales. Je vous dis franc, qu’aux russes je ne voulais rien laisser. J’étais en colère et je dis au docteur :  « Si je comprends bien il aurait fallu que je vive une vie tranquille ! Une vie sage où on tourne en rond sur nous même et où on s’enfonce. Je ne peux pas docteur, la vie sans les vices c’est un peu comme ne plus avoir de tête ou comme un cocktail sans gin. »
Le médecin me confirma que c’était viral. Je lui rétorquais tout aussi énervé : « C’est sûr que quand on mal mène trop sa petite vie, la petite vie râle. » Je compris alors que j’étais en préavis de fin de vie. Furieux je lui dis : « Mais docteur, est-ce si mal de vivre ? D’avoir trop vécu je vais mourir ? Et bien Monsieur, je vous laisserais le soin d’annoncer cela à ma femme qui attend sa vie d’ange : « Sylvie, il est mort ! » Et bien c’est ça la vie ! 

Ludovic B.

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June 26, 2008

Le Reflet du Royaume 1

I

Le roi, seul dans la salle du trône, assis, se regarde dans un grand miroir, l'air songeur. Un jeune garde entre dans la salle et lui dit quelques mots à l'oreille.

SURIEN : Fais la rentrer.

Le garde se retire et se dirige vers la porte. Il revient.

LE GARDE (au garde à vous) : La reine !

La reine-mère entre et salue le roi.

SURIEN : Bonjour mère, ou plutôt bonsoir.

LA REINE : Sa majesté...

SURIEN : Cesse ce ton protocolaire ! Que me vaut l'honneur de ta visite si tardive, mère ? M'as-tu trouvé une nouvelle prétendante ?

LA REINE : Que d'amertume dans ta voix, Surien. Ca fait longtemps que j'ai rennoncé à te voir marié, à mon grand regret d'ailleur !

SURIEN : Et tu me dis amer ! Que devrai-je dire ?

LA REINE : Ce n'est pas de l'amertume. De la déception, c'est tout, mais je n'ai plus que toi et ...

SURIEN : Mère ! On ne va pas revenir là dessus !

LA REINE : Oui.

SURIEN : Tu n'es pas venue me faire la morale j'espère !

LA REINE : Non, je suis venue t'entretenir de quelque chose de beaucoup plus grave.

SURIEN : Vas-y, je t'écoute.

LA REINE : Je suis venue te parler de ton royaume.

SURIEN : Mon Royaume ?

LA REINE : Oui.

SURIEN : Continue ! Tu m'intrigues ! Que se passe-t-il de si grave ?

LA REINE : C'est bien ce que je pensais. Mes peurs étaient toutes fondées. Ne te rends tu compte de rien ? Ne vois tu rien ?

SURIEN : Quoi à la fin ? Que devrai-je voir ? Parle !

LA REINE : Ton royaume se fissure et se meurt à cause de ton absence en tant que roi.

SURIEN : C'est faux !

LA REINE : Malheureusement non. Ton palais est beau, il te protège. Mais regarde un peu autre chose que ton reflet dans ce miroir ! La misère, la haine, la corruption gagnent peu à peu du terrain, aspirant les forces vitales de ce monde. Elles sont maintenant aux portes de la ville, aux portes de ton coeur. Le peuple est las de ne plus voir son roi et d'être gouverné par des ministres assoiffés de pouvoir et d'argent. Les guerres de clochers et d'influences font rage, l'or est dilapidé et toi tu restes là.

Le roi se lève et va de long en large.

SURIEN : C'est faux ! Je le saurais !

LA REINE : Comment ? Tu es absent du royaume et de ta vie. Le peuple se demande même si tu es encore vivant. Tu crois que tu n'as qu'à faire le beau sur ton trône pour que tout aille ? Te vautrer avec je ne sais quels bouffons ou gardes passent encore ! Mais laisser mourir ton royaume, ton héritage, ta propre vie ! Grandis un peu ! Ouvre les yeux et regarde ! Ton père...

SURIEN : Arrête ! De quel droit ! Mon père a lutté pour ce royaume et a été tué ! Oui, il a ouvert les yeux et il en est mort !

LA REINE : Parce-que tu crois que les fermer te sauvera ?

SURIEN : Je ne les ferme pas ! Ne juge pas ma vie, tu dramatises tout !

LA REINE : Mais sois adulte ! Prends en main ta vie et ton royaume. Tu as le pouvoir en toi, il te reste peu de temps pour agir avant qu'il ne soit trop tard !

SURIEN : Tu mens ! Je le saurais, elle me l'aurait dit !

Surien désigne le miroir...

à suivre.......

Ludovic B. "Le Reflet du Royaume" ed. Le Manuscrit 2002

 

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June 30, 2008

Le Reflet du Royaume 2

LA REINE : Ah ! Tu es encore sous l'emprise de cette sorcière. Quelle vision déformée tu dois avoir ! Si j'en avais le pouvoir, je la détruirais ! Mais seul un roi peut le faire. Cette garce ! La seule fois où ton père l'a écoutée, il est mort le lendemain.

SURIEN : Ce n'est pas de sa faute !

LA REINE : Conduis-toi en roi, le danger approche. La peur et la misère déversent leurs flots de boue noirâtre sur toi et toutes tes gens. Il est juste là, juste devant tes yeux, derrière ces murailles qui te protègent. Ton royaume agonise ! Réveille-le !

SURIEN : Mais je n'ai rien demandé !

LA REINE : Mais tu n'as pas à demander ! Tu dois ordonner ! Il est de ton devoir de le faire, pour toi, pour moi, pour ton père et pour ton peuple !

SURIEN : Mère ! S'il te plait, arrête de m'accuser ! Personne ne m'a appris. je ne peux pas !

LA REINE : Les autres ne peuvent pas t'apprendre à décider et à te diriger dans ta propre vie, c'est à toi seul de le faire. Tu peux et tu dois le faire.

SURIEN : Non, j'ai mal à la tête.. Laisse-moi !

LA REINE : Ne fais pas l'enfant, c'est trop facile de...

SURIEN : Non ! Laisse-moi ! Je te l'ordonne !

LA REINE : Très bien... J'espère que cette discussion t'aura un peu ouvert les yeux. Tiens, parles-en à cette maudite sorcière ! Bonne nuit Majesté.

Elle se dirige vers la porte et sort.

SURIEN : Bonne nuit majesté, bonne nuit... aaaah ! Je suis maudit !

Le roi reste seul, maugréant et tournant dans la pièce en faisant de grands gestes.

SURIEN : C'est pas vrai... C'est pas vrai... Je cauchemarde !

Il s'arrête devant le miroir.

SURIEN : Je t'ordonne de venir !

.... à suivre...

Ludovic B. " Le reflet du royaume" ed Le manuscrit 2002

 

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