Le roi prend le visage de la fée dans ses mains et regarde dans ses grands yeux brillants.
SURIEN : Mon Dieu ! Ces hommes.. Tous ces hommes armés de noir ! Ce sang, cette misère... La terre se fissure, les récoltes meurent, mes gens sont affamés. Cette armée obscure avance vers moi... Oui, ça y est, je sens sa présence et son souffle glacé ! Mais qu'est-ce que c'est ? Que me veulent-ils ?
LA FEE : Ce sont les ténèbres. Elles avancent, détruisent et pervertissent. Elles sont juste là, tout près de toi ! Elles veulent ta place.
SURIEN : Arrête ! N'essaie pas de me faire peur !
LA FEE : C'est la vérité.
SURIEN : Que dois-je faire ?
LA FEE : Agir en tant que roi et faire ce qui est le mieux pour ton royaume.
SURIEN : Je ne sais pas ! Pourquoi ne suis-je pas comme tous les hommes ?
LA FEE : La question ne se pose pas.
SURIEN : Pourquoi ?
LA FEE : Parce-que tu es roi.
SURIEN : Très bien, ils veulent un roi, ils vont en avoir un ! Combien d'hommes fidèles me restent-ils ? Où sont mes ministres et mes généraux ? Où sont mes armes ?
Le roi va dans tous les sens.
LA FEE : Il est peut-être un peu tard ce soir pour partir en campagne ? Tu pourrais attendre demain mon doux roi. Je t'aiderai. Tu deviendras un bon roi, aimé et adoré. Pense à ce que je t'ai dit.
Surien lui prend la main.
SURIEN : Que vais-je devenir ?
LA FEE : Tout dépend de toi.
SURIEN : Aaaah ! Arrête ces sornettes ! Pendant tout ce temps passé, tu ne m'as montré que douceur de vivre et maintenant tu me montres l'apocalypse ! Laisse-moi, je suis fatigué ! Laisse-moi et retourne dans ton miroir déformé !
La fée se dirige vers le miroir.
LA FEE : N'est déformée que la vision de celui qui regarde le reflet. Bonne nuit Majesté.
La fée disparaît derrière le miroir.
SURIEN : Qu'est-ce qu'elles ont toutes ce soir ?
Le roi reste assis sur son trône, abatti. Une petite voix le tire de ses pensées : c'est la servante qui vient d'entrer avec dans ses mains un plateau et une coupe.
IRINA : Majesté ?
SURIEN : Oui ? Ah ! C'est vous Irina.
IRINA : Oui, je vous apporte de quoi vous calmer. Depuis tout à l'heure, on vous entend crier dans tous les couloirs du palais. Vous me semblez renversé.
SURIEN : Merci Irina. Le mot est bien faible. Je viens d'ouvrir les yeux et je n'ai qu'une seule envie, les refermer. Montrez-moi ce remède. Il n'a pas trop mauvais goût j'espère.
IRINA : Non, il est à base de plantes. J'en prends aussi lorsque je suis trop énervée.
Surien prend la coupe et boit le breuvage.
SURIEN : Axel est-il toujours à son poste ?
IRINA : Oui, il ne le quitterait pour rien au monde?
SURIEN : Toutes les portes sont-elles fermées ? Les issues gardées ?
IRINA : Je pense Majesté. Mais sans doute qu'Axel vous le dirait mieux que moi.
SURIEN : D'où vient ce courant d'air ?
IRINA : Je ne sens rien.
SURIEN : Où est Axel ?
IRINA : A son poste Majesté.
SURIEN : Vous pouvez disposer ma chère Irina. En sortant dites-lui de venir.
IRINA : A qui ?
SURIEN : A Axel voyons !
IRINA : Bien majesté.
SURIEN : Et surtout ne me dites pas bonne nuit !
Irina se dirige vers la porte.
IRINA : Bien Majesté. Bonne...
Surien la coupe.
SURIEN : Non !
IRINA : Le coeur y est !
... à suivre...
Le Reflet du Royaume, Ludovic B. ed Le Manuscrit 2002
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Martine N Noirot says:
InFiNiLuDpro replies:
Lio.D says:
bon courage, camarade.
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