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Douce lumière d'un matin albigeois

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October 6, 08

VERCORS par lui-même


Vercors (Paris, 1902 - Paris, 1991). Pseudonyme de Jean Bruller.
Vercors par lui-même. « Une carrière ambiguë (ambidextre ?). À l'âge où l'on se détermine, le jeune Bruller hésite. Les Lettres ? Victor Hugo ou rien, il a eu le tort de naître le jour du centenaire dudit, ce serait trop de concurrence dans l'immortalité. Les Sciences ? Einstein ou rien, il ne décroche qu'un diplôme d'ingénieur et, de dépit, le jette aux orties. Les arts ? Rembrandt ou rien, il tâte un an de la peinture, trouve qu'il manque de génie et jette ses pinceaux. Daumier ou rien, c'est moins intimidant, il s'aventure bravement dans l'humour noir, se lance avec le succès de ses 21 Recettes pratiques de mort violente, se confirme dans la satire avec La Danse des vivants, longue série d'estampes mi-figue mi-raisin où, devenu philosophe en philosophant, il exprime un pessimisme pas encore à la mode : tout est absurde et rien ne sert à rien.
Si c'est là sa philosophie, on se demande un peu pourquoi il s'évertue à dessiner et mieux encore à publier (mais peut-être est-il le premier à en rire ?). Contradiction à quoi la guerre va mettre un terme ; et le désastre : oubliant du coup pour de bon que rien ne sert à rien, il s'engage avec entrain dans la lutte clandestine ; d'abord un peu Tartarin dans un réseau d'espionnage éphémère, puis plus efficace dans la résistance intellectuelle. Avec un premier récit signé Vercors, Le Silence de la mer (qu'il croit de circonstance et dont la vogue mondiale - et durable – le laissera bien étonné), il fonde les éditions de Minuit ; où, encouragé, il récidive avec La Marche à l'étoile, plus tard, avec Les Armes de la nuit et le voilà écrivain. Croit-il, car ce n'est pas le sentiment des milieux littéraires : d'où sort-il celui-là ? Un caricaturiste ! Résistant tant qu'on voudra mais pas homme de lettres. Boudé par les médias, s'il persiste néanmoins (quarante ouvrages en quarante ans), c'est que le silence, ça le connaît : ses Silences gravés d'avant-guerre, ses illustrations du Silence d'Edgar Poe juste avant l'écriture du Silence de la mer puis, plus tard, de la Bataille du silence (ça le travaille on dirait ...), s'il persiste, donc, c'est la faute à Hitler. Le monstre est mort, avec sa bande de criminels et leurs abominables aberrations ; mais « le ventre est toujours fécond » et leur doctrine appuyée sur Darwin séduit encore nombre d'esprits (toute la sociobiologie). Pour en venir à bout une bonne fois il ne suffit pas d'axiomes indignés mais subjectifs et sentimentaux. Il y faut une réfutation objective, irréductiblement fondée sur ce fait : l'espèce humaine. Sur ce qui la distingue spécifiquement de toute la Création. Personne ne semblant s'en soucier, il va se dévouer à chercher lui-même puis, intrépide, proposera une distinction radicale : seul l'homme refuse de subir la domination aveugle de la Nature, à quoi toute bête obéit sans broncher. (Cf. La Sédition humaine in Plus ou moins homme puis – l'humour reprenant ses droits et pour ne pas trop se prendre au sérieux – Les Animaux dénaturés.) Or, ce refus rebelle qui nous fait « hommes », c'est ce que dénoncent ceux-là qui entendent nous ramener, nous courber sous ce joug ; ce qui serait faire régresser notre espèce en la réduisant, de ce divorce hominisant, à un bestialisant « retour à la nature » et c'est là leur aberration. Ouf.
Ouf, et, s'il s'en tenait là, l'auteur ferait retour, lui, à ses crayons. Mais une chose en entraîne une autre et, de fil en aiguille, le voilà engagé dans bien d'autres spéculations. L'humanité a toujours tragiquement manqué d'un « projet » qui la dirige. Or ce qui précède peut lui en offrir un : porter à son accomplissement cette spécificité hominisante encore trop peu assise. Évidence pour l'auteur ; mais pour ses lecteurs ? Ce n'est pas l'abondance des commentaires critiques qui peut les éclairer... De nouveau donc il va s'en charger lui-même, dans une suite de romans tels que Colères pour le sérieux, Sylva pour l'humour, Sillages, Comme un frère, beaucoup d'autres. Zoo pour le théâtre etc. (Plus, en souvenir du prophète oublié de l'Europe humaniste, un Moi, Aristide Briand.) Apparemment, sans provoquer davantage d'attention. Apparence trompeuse ? Peut-être est-il plus écouté qu'il ne le croit ? Quelques-uns le lui disent (des enseignants, des hommes de science). Tant mieux, on verra bien. Quoi qu'il en soit, une voix des profondeurs lui rappellerait en cas de besoin que rien ne sert à rien et que ce monde absurde n'en cessera pas de tourner. »

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October 2nd, 08

Gershwin song: embraceable you

Ella Fitzgerald - Embraceable You

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September 24, 08

EN VACANCES

Je serai de retour à la fin de ce mois.

Je vais faire la connaissance de ma petite-nière, âgée de trois mois, et au retour, j'aurai le plaisir de vous présenter la petite Elma.

Toute mon amitié à tous,

Béa

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September 21, 08

Mes armes: la douceur et la paix

Clair de Lune

Claude Debussy

*****

L'homme dans la cité

*****

Pourvu que nous vienne un homme

Aux portes de la cité

Que l'amour soit son royaume

Et l'espoir son invité

Et qu'il soit pareil aux arbres

Que mon père avait plantés

Fiers et nobles comme soir d'été

Et que les rires d'enfants

Qui lui tintent dans la tête

L'éclaboussent de reflets de fête

*****

Pourvu que nous vienne un homme

Aux portes de la cité

Que son regard soit un psaume

Fait de soleils éclatés

Qu'il ne s'agenouille pas

Devant tout l'or d'un seigneur

Mais parfois pour cueillir une fleur

Et qu'il chasse de la main

A jamais et pour toujours

Les solutions qui seraient sans amour

*****

Pourvu que nous vienne un homme

Aux portes de la cité

Et qui ne soit pas un baume

Mais une force une clarté

Et que sa colète soit juste

Jeune et belle comme l'orage

Qu'il ne soit jamais ni vieux ni sage

Et qu'il rechasse du temple

L'écrivain sans opinion

Marchand de rien marchand d'émotion

*****

Pourvu que nous vienne un homme

Aux portes de la cité

Avant que les autres hommes

Qui vivent dans la cité

Humiliés d'espoirs meurtris

Et lourds de leur colère froide

Ne dressent aux creux des nuits

De nouvelles barricades.

*****

Jacques Brel 1958

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September 18, 08

HALLELUYAH

I've heard there was a secret chord
That David played, and it pleased the Lord
But you don't really care for music, do you?
Well, it goes like this, the fourth, the fifth
The minor fall, the major lift
The baffled king composing Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

Well, your faith was strong but you needed proof
You saw her bathing on the roof
Her beauty and the moonlight overthrew you
She tied you to a kitchen chair
She broke your throne, she cut your hair
And from your lips she drew the Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

Well, baby, I've been here before.
I've seen this room, and I've walked this floor.
I used to live alone before I knew you.
But I've seen your flag on the marble arch,
And love is not a victory march,
It's a cold and it is a broken Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

Well, there was a time when you'd let me know
What's really going on below,
But now you never show that to me, do you?
But remember when I moved in you,
And the Holy Ghost was moving too,
And every breath we drew was Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

Well, maybe there is a God above,
But all that I've ever learned from love
Was how to shoot somebody who outdrew you.
It's not a cry that you hear at night,
And it is not somebody who has seen the light
It's a cold and it is a broken Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah

Hallelujah

Hallelujah

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September 16, 08

OVER THE RAINBOW

Judy Garland chante

Somewhere, over the rainbow, way up high,
There's a land that I heard of once in a lullaby.

Somewhere, over the rainbow, skies are blue,
And the dreams that you dare to dream really do come true.

Someday I'll wish upon a star
And wake up where the clouds are far behind me,
Where troubles melt like lemon drops.
Away above the chimney tops
That's where you'll find me.

Somewhere over the rainbow, bluebirds fly,
Birds fly over the rainbow,
Why then, oh why can't I?


If happy little bluebirds fly
Beyond the rainbow,
Why oh why can't I?

Published at 12:40 ( 4 comments / 40 visits )
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September 6, 08

PAUL ELUARD LIBERTE

Sur mes cahiers d'écolier

Sur mon pupitre et les arbres

Sur le sable sur la neige

J'écris ton nom

*****

Sur toutes les pages lues

Sur toutes les pages blanches

Pierre sang papier ou cendre

J'écris ton nom

****

Sur les images dorées

Sur les armes des guerriers

Sur la couronne des rois

J'écris ton nom

****

Sur la jungle et le désert

Sur les nids sur les genêts

Sur l'écho de mon enfance

J'écris ton nom

****

Sur les merveilles des nuits

Sur le pain blanc des journées

Sur les saisons fiancées

J'écris ton nom

****

Sur tous mes chiffons d'azur

Sur l'étang soleil moisi

Sur le lac lune vivante

J'écris ton nom

****

Sur les champs sur l'horizon

Sur les ailes des oiseaux

Et sur le moulin des ombres

J'écris ton nom

****

Sur chaque bouffée d'aurore

Sur la mer sur les bateaux

Sur la montagne démente

J'écris ton nom

****

Sur la mousse des nuages

Sur les sueurs de l'orage

Sur la pluie épaisse et fade

J'écris ton nom

****

Sur la vitre des surprises

Sur les lèvres attentives

Bien au-dessus du silence

J'écris ton nom

****

Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés

Sur les murs de mon ennui

J'écris ton nom

****

Sur l'absence sans désirs

Sur la solitude nue

Sur les marches de la mort

J'écris ton nom

****

Sur la santé revenue

Sur le risque disparu

Sur l'espoir sans souvenir

J'écris ton nom

****

Et par le pouvoir d'un mot

Je recommence ma vie

Je suis né pour te connaître

Pour te nommer

****

Liberté

Published at 15:52 ( 13 comments / 114 visits )
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September 5, 08

S'ABANDONNER A LA DOUCEUR D'AIMER

Tu m'apprends à aimer

Quand tu ris et quand tu pleures

Quand la douleur d'aimer te rend plus beau

Quand tu cherches la lumière

Tu m'apprends à aimer

Et je m'abandonne à la douceur

De la tendresse qui m'envahit

Que pourrait encore la peur

Contre ce fleuve qui déborde

Tu m'apprends à aimer

Je m'oublie dans le réceptacle de ton coeur

Un trésor pour le mien

Je me donne, je te donne

Pour un instant, pour une vie

Tu m'apprends à aimer

Je deviens ce vase que le potier

A longtemps travaillé pour sa joie

Et la source où tu puises

L'eau de ta soif

Je donne ces mots à tous ceux qui aiment

Published at 09:56 ( 12 comments / 108 visits )
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September 3rd, 08

POUR LES AFFLIGES

Une seule peine

****

Un seul réconfort

****

Un seul espoir

****

LE NÔTRE!

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September 1st, 08

LUTTER CONTRE LA SOUFFRANCE: UNE NOUVELLE REVOLUTION

SI CHACUN d'entre nous décidait d'éradiquer

LA MALADIE

L'INJUSTICE

LA PAUVRETE

LA FAMINE

LA GUERRE

L'INEGALITE

LA SOLITUDE

LE DOUTE

LE DESESPOIR

UNE NOUVELLE REVOLUTION VERRAIT LE JOUR!

Celle de

L'AMOUR

L'ENTRAIDE

LE PARTAGE

LA JUSTICE

LA SOLIDARITE

LA FRATERNITE

Pensée du jour:

La maladie est une injustice

La connaissance s'acquiert, il suffirait d'un peu plus de chercheurs, d'un peu plus d'argent pour payer les chercheurs, d'un peu plus de dirigeants conscients de ce fléau...

Il suffirait de quelques milliards de coups de gueule!

SI CHACUN D'ENTRE NOUS MENAIT SA PROPRE LUTTE CONTRE LA SOUFFRANCE!

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August 27, 08

UN ANGE


Hallelujah - Allison Crowe

Quand la nuit efface la noirceur du jour trop clair

Pour nos yeux

La lampe allumée par les dieux

Parle de ton visage apaisé

S'attarde sur tes paupières lisses

Glisse une main bleutée dans tes cheveux

--------

L'ange assis à ton chevet n'aura point de repos

Muet, il disperse des baisers sur ton front

Qu'il dénude

Ta main pâle est le refuge de ses tourments

Jusqu'au matin

-------

Vas, ô larme, le long de cette joue meurtrie

Nourris la de ton humble fraicheur

Telle une prairie fécondée à l'aube

Par la lumière d'une douce rosée

-------

Ou la vallée immense qu'embrasera le fleuve

Dont les berges tranquilles

Murmurent sous son chant

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August 26, 08

PLEURE Ô MON ÂME!

Pleure ô mon âme
Oui, pleure!
Car l'Autre n'a pas daigné venir, il tarde
Et tenir en son sein, muet, cette larme offerte.
Des perles bleutés s'enfoncent, doucement, dans la boue.
Je pleure les nuits perdues, et, la douleur enclose en des bras inconnus,
Le rève d'un regard tendre et grave traversant mes ombres.
Je pleure les jours de lentes agonies, quand, dans le ciel ouvert,
Les anges, de leurs ailes immenses,
Poudrant les airs de leurs métamorphoses,
Je demeure,
Les pieds emprisonnés aux pierres du chemin.
Béatrice Mars 1998
Published at 11:48 ( 11 comments / 81 visits )
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August 25, 08

L'AMIE


Somewhere Over the Rainbow - I…

Hier n'est plus.

Il soufflait sur mon coeur désolé

Le vent glacial des toundras enneigées

J'allais dans les ruelles étroites

Sonder l'obscurité, le silence et l'oubli

La peur habitait mes greniers

Comme l'effraie hululant à la nuit

Et le doute arrachait un à un

Mes épis déjà murs

Lorsque les champs sont prêts

enfin à la moisson

Rapace déchaîné

Sur mes troupeaux tremblants

Hier n'est plus

J'ai vu soudain l'eau claire d'un ruisseau

Poser nonchalamment sur mes rivages nus

Une étoile riante

Un grelot dans la nue

La douceur d'une muse

La caresse d'une âme

Et ta main qui repose

Parfois sur mon épaule

Hier n'est plus

Béatrice

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August 24, 08

LE DON Khalil Gibran "Le Prophète"

Ensuite un homme fortuné lui dit: Parle nous du Don.

Et il répondit:

Donner de vos biens, c'est peu donner.

Mais lorsque vous donnez de vos âmes, alors vous donnez véritablement. Et que sont vos biens sinon ce que vous conservez et que vous protégez, dans la peur du lendemain?

Et demain, que réserve donc demain au chien pusillanime qui enfouit des os dans le sable, alors qu'il chemine derrière les pèlerins vers la ville sainte?

Et qu'est ce que la peur du manque sinon le manque lui-même?

Quand à la crainte de la soif, votre puits étant rempli, n'est-ce-pas là soif que rien ne saurait éteindre?

Il en est qui donnent un peu du trop qu'ils possèdent - et ils le donnent par désir de paraître, et leur désir caché corrompt ce qu'ils donnent.

Il en est qui ne possèdent que peu et qui le donnent totalement.

Ces derniers sont ceux qui ont foi dans la vie, et dans l'excellence de la vie et leurs réserves jamais ne s'épuisent.

Il en est qui donnent dans la joie, et cette joie leur est récompense.

Il en est qui donnent dans la douleur, et cette douleur est leur baptême.

Il en est qui donnent et qui, en leur don, ne ressentent nul regret de lui n'attendent nulle joie, et qui ne donnent point par vertu;

Mais qui seulement donnent comme le myrte de la vallée répand son odeur dans l'air, là-bas.

En ceux-là et leurs semblables, Dieu s'exprime, et à travers leurs yeux il sourit à la terre.

Il est bon de donner lorsqu'on en est sollicité, mais il serait préférable de donner sans en être sollicité, par l'élan de la compassion.

Et rechercher celui qui accueillera le don est, pour l'homme de cour, joie plus vaste que la joie même de donner.

Quoi donc mériterait de vous rendre avares?

Tout ce que vous possédez sera donné un jour ou l'autre;

Donnez aujourd'hui, afin que la saison des dons soit la vôtre, non celle de vos héritiers.

Bien des fois, vous dites:

"Nous donnerons, mais aux seuls méritants."

Les arbres de votre jardin ne parlent pas ainsi, ni les troupeaux de vos pâturages.

Ils donnent pour vivre: avares, ils périraient.

Celui qui fut digne de recevoir le don du jour et de la nuit est digne, en vérité, de recevoir de vous n'importe quel don.

Et celui qui fut digne de boire à l'océan de la vie est digne d'emplir sa coupe à votre mince ruisseau.

Et quel plus grand mérite que le consentement à recevoir, par ce qu'il recèle de courage, de confiance, voire de charité?

Et qui êtes-vous donc pour que les gens vous ouvrent leurs poitrine et se dépouillent de leur amour-propre afin que vous vissiez, nue, leur dignité, et impudique, leur amour-propre.

Ils vous appartient de vous assurer d'abord que vous méritez de donner et d'être l'instrument du don.

Car, en vérité, c'est la vie qui donne à la vie et tu n'es, toi qui crois donner, que simple témoin.

Et vous qui recevez -c'est-à-dire vous tous-, ne ressentez donc point de sentiment de dépendance qui vous serait joug et le serait aussi pour ceux qui vous donnent.

Bien plutôt il vous serait préférable de vous exhausser avec le donateur sur ses propres dons comme sur des ailes.

Car exagérer votre dette à son égard serait mettre en doute sa générosité, lui dont la mère est la magnanime terre et dont le Père est Dieu.

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August 21, 08

JUSQU'A TOI, MACCHU PICCHU Pablo Neruda (Hauteurs de Macchu Picchu VI)

Entonces en la escala de la tierra he subido

entre la atroz marana de las selvas perdidas

Alors, j'ai monté sur l'échelle de la terre,

Parmi l'atroce enchevêtrement des forêts perdues,

Jusqu'à toi, Macchu Picchu.

Haute cité de pierres escalières,

La demeure, enfin, de ce que la terre

Ne dissimula pas sous des vêtements endormis.

En toi, comme deux lignées parallèles,

Le berceau de l'éclair et celui de l'homme

Se balançaient dans un vent d'épines.

Mère de pierre, écume des condors.

Hauts récifs de l'aurore humaine.

Pelle abandonnée dans le premier sable.

Ceci fut la demeure, ceci est le lieu:

Là, les larges grains de maïs montèrent

Et descendirent à nouveau comme une grêle rouge.

Là, le fil doré fut tiré de la vigogne

Pour vêtir les amours, les tombes, les mères,

Le roi, les prières, les guerriers.

Là, les pieds de l'homme reposèrent la nuit,

Auprès des serres de l'aigle, dans les hauts repaires

Des carnassiers, et, à l'aurore,

Foulèrent à côté des pieds du tonnerre le brouillard raréfié

Et touchèrent terres et pierres assez

Pour les reconnaître dans la nuit ou la mort.

Je regarde les vêtements et les mains,

La trace de l'eau dans le creux sonore,

La paroi adoucie par le contact d'un visage

Qui regarda, avec mes yeux, les lampes de la terre,

Qui huila, avec mes mains, les bois

Disparus, parce que tout, les habits, la peau, la vaisselle,

Les mots, le vin, le pain,

Tomba, s'en fut à la terre.

Et l'air passa avec ses doigts

De jasmin sur tous les dormants:

Mille années d'air, des mois, des semaines d'air,

De vent bleu, de cordillière de fer,

Qui furent comme de doux ouragans de pas

Lustrant le solitaire enclos de la pierre.

Lustrando el solitario recinto de la piedra

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